Comment fabriquer une borne d’arcade soi-même : le guide DIY complet
Fabriquer une borne d’arcade repose sur quatre choix : gabarit, découpe, système de jeu et habillage.
- 4 gabarits populaires : MAME, Jeutel, Taito, Vewlix.
- Plans imprimés en A0, sinon en feuilles A4 à assembler.
- Découpe maison, CNC ou kit à monter type IKEA.
- Système de jeu : Pandora Box, Raspberry Pi ou PC.
- Inspiration et patrons sur Project Mame et BYOAC.
Structure, plans et assemblage bois de la borne d’arcade
La structure de votre borne repose sur un choix de gabarit : c’est lui qui définit l’encombrement, l’ergonomie et le style. Il existe 1001 matériaux possibles pour construire une borne, mais le bois reste le standard des projets DIY.
Les gabarits de bornes les plus populaires (MAME, Jeutel, Taito, Vewlix)
- Gabarit MAME : référence Metal Slug, le plus reproduit chez les bricoleurs.
- Jeutel : modèle français, deuxième gabarit le plus populaire après le MAME.
- Taito : borne japonaise upright, silhouette fine et compacte.
- Vewlix : format assis avec écran large haute définition.
Ces 4 gabarits couvrent l’essentiel des projets amateurs. Pour les plans, le format d’impression de référence est le A0, qui permet un décalque à l’échelle 1 sur le bois. Attention toutefois : dans 99 % des cas, une impression en A0 n’est pas possible chez un particulier. Il faut donc découper les plans en plusieurs feuilles A4 et les assembler.
Pour l’inspiration et les patrons, le projet Project Mame et le forum américain BYOAC restent les deux références incontournables.
Découpe maison, CNC ou kit à monter
Les gabarits les plus reproduits s’inspirent directement des modèles nés pendant l’âge d’or de l’arcade, quand Taito et Nintendo imposaient leurs silhouettes dans les salles de jeu.
Trois options s’offrent à vous. La découpe maison à la scie sauteuse demande patience et gabarits papier, mais reste la plus économique. Le passage par un menuisier CNC garantit des courbes parfaites, au prix d’une opération très coûteuse.
La troisième voie, le kit à monter, séduit de plus en plus : assemblage type meuble IKEA, finitions parfaites et aucune compétence en menuiserie requise. Prévoyez un espace de travail dégagé et un support stable avant de commencer.
Quel système de jeu choisir : Raspberry, Pandora ou PC
Une fois le meuble monté, il reste à comprendre comment s’articulent entre eux l’écran, les commandes et le système de jeu, car c’est cet ensemble qui fait tourner les parties.

Comparer Pandora Box, Raspberry Pi et PC
| Système | Connectique | Type de jeux | Public visé |
|---|---|---|---|
| Pandora Box | JAMMA ou GPIO | Jeux des années 80 et 90 | Débutant pressé |
| Raspberry Pi | USB, HDMI, GPIO | Émulation jusqu’à la PS1 | Bricoleur curieux |
| PC | USB, HDMI, DisplayPort | Émulation PS3, TeknoParrot | Passionné exigeant |
La Pandora Box est une carte multi-jeux vendue avec des milliers de titres des années 80 et 90 déjà installés. Elle se branche en JAMMA ou en GPIO selon la version (Arcade ou Familly), ce qui la rend très simple à câbler. C’est la solution la plus rapide pour jouer sans configurer quoi que ce soit.
Le Raspberry Pi est un nano-ordinateur ARM de la taille d’une carte de crédit, vendu à plusieurs millions d’exemplaires. Il demande un peu de configuration mais reste très accessible pour de l’émulation rétro. Le PC offre la plus grande puissance, du mini-boîtier au gros setup capable de faire tourner des jeux PS3 ou TeknoParrot.
Les front ends logiciels (Batocera, Recalbox, Hyperspin, LaunchBox)
- Batocera : fork de Recalbox démarré en 2016, gratuit et open source
- Recalbox : gratuit et simple, idéal pour une première borne
- Hyperspin : interface spectaculaire, animations léchées
- LaunchBox BigBox : licence payante, mises à jour constantes
Quel que soit ton choix, l’encodeur USB est la clé pour relier joysticks et boutons à ton système. Via l’API Xinput, il est reconnu comme une manette Xbox dans tous les émulateurs et jeux PC, sans pilote à installer.
Électronique, composants et câblage
Le cœur électronique de votre borne repose sur un encodeur USB, une petite carte qui traduit les signaux des joysticks et boutons en commandes compréhensibles par un PC, un Raspberry Pi ou une console. Choisissez un modèle compatible API Xinput : il sera reconnu comme une manette Xbox dans tous les émulateurs et jeux PC, sans configuration laborieuse.
Si vous partez sur une Pandora Box, le câblage diffère selon la version : les modèles Arcade passent par un connecteur JAMMA standard, tandis que les versions Familly utilisent le GPIO. Vérifiez ce point avant l’achat, car il conditionne votre panel et votre alimentation.
Pour le marquee (le fronton illuminé), prévoyez soit un néon, soit une bande LED rétro-éclairée, plus économique et plus sûre en termes de chaleur. Pensez également à une alimentation dédiée pour l’écran et les accessoires : mélanger les tensions sur un même rail est la première source de pannes sur une borne maison, et un bouton poussoir relié au connecteur POWER SW de la carte mère suffit ensuite à lancer le démarrage.
Boutons, joysticks et panel de contrôle
Le panel est la pièce maîtresse de votre borne. C’est la zone que vos mains toucheront à chaque partie, et c’est elle qui conditionne directement votre confort de jeu. Un panel mal pensé, mal positionné ou mal équipé transformera une belle machine en objet frustrant.
Bois ou métal : quel support pour votre panel
Deux grandes familles s’offrent à vous. Le panel en bois (souvent en MDF ou contreplaqué) reste le choix le plus accessible pour un premier projet : facile à percer, à ajuster et à recouvrir de stickers. Le panel en métal, plus rigide et plus durable, offre une sensation haut de gamme mais demande des outils adaptés et représente un budget plus élevé. Certains fabricants comme JDF Arcade proposent d’ailleurs le métal sur demande.
Boutons : tailles, marques et styles
Côté boutons, vous trouverez une variété impressionnante de tailles (28 mm et 24 mm étant les standards les plus courants), de marques (Sanwa, Seimitsu, Suzo Happ pour les références), de couleurs et de formes. Les boutons à microswitchs offrent un clic franc typique de l’arcade, tandis que les modèles à contact optique sont plus silencieux et plus durables. Prévoyez au minimum 6 boutons par joueur pour couvrir la majorité des jeux de combat des années 80 et 90.
Le plexiglass sur le sticker du panel
Si vous habillez votre panel d’un sticker imprimé, ajouter une plaque de plexiglass par-dessus est vivement conseillé. Cette protection évite que les frottements répétés des paumes et des poignets n’abîment l’impression au fil des sessions. Le plexiglass se découpe aux mêmes dimensions que le sticker et se fixe simplement par-dessus grâce aux boutons qui le traversent.
Confort et jouabilité : les priorités absolues
Avant de percer quoi que ce soit, testez vos positions de main sur un carton à l’échelle réelle. L’espacement entre le joystick et les boutons, l’inclinaison du panel et sa hauteur déterminent votre confort sur de longues parties. Un panel légèrement incliné, avec le joystick aligné à hauteur naturelle du poignet, change tout. Prenez le temps de valider cette ergonomie : c’est beaucoup plus simple que de recommencer après découpe définitive.
Matériaux, outils et budget de fabrication
Choisir son matériau : MDF, mélaminé ou bois massif
Le MDF reste le choix le plus répandu chez les bricoleurs. Composé de fibres compressées à haute pression, il offre une surface lisse et homogène, idéale pour la pose de stickers et de T-molding. Il se découpe facilement, se ponce bien et supporte la peinture sans souci majeur.
Le mélaminé applique une couche de papier résiné sur des particules ou du MDF. C’est une option économique et résistante aux rayures, mais les chants restent visibles et la découpe demande plus de précautions pour éviter les éclats.
Le bois massif séduit par son aspect noble et sa durabilité. Il coûte cependant plus cher et pèse beaucoup plus lourd, ce qui complique le transport et l’assemblage seul. Sachez qu’il existe en réalité 1001 matériaux possibles pour construire une borne, du métal au forex en passant par le contreplaqué marine.
Budget réel et pièges à éviter
Côté outils, une scie sauteuse, une perceuse, du papier de verre et un fer à souder suffisent pour un premier projet. Si vous n’êtes pas équipé, faire appel à un menuisier CNC reste une option, mais l’opération s’avère très coûteuse et peut faire exploser le budget initial.
Méfiez-vous des bartops « ready to play » vendus entre 1200 € et 1600 €, un prix jugé excessif par de nombreux passionnés sur les forums. Un kit à monter ou une découpe maison permet de diviser la facture par trois ou quatre.
Personnalisation, stickers et décoration
La personnalisation transforme une simple caisse en bois en véritable pièce unique. C’est l’étape qui donne son identité à votre borne, et elle se prépare souvent bien avant la pose finale des éléments.
- Gabarit stickers sur Photoshop : créez vos visuels en haute résolution avant envoi
- Impression imprimeur ou web : privilégiez un prestataire habitué aux grandes dimensions
- Laminage pour protéger : un film laminé évite rayures et usure prématurée
- T-molding et bezel : le T-molding exige une surface propre et lisse, le bezel protège l’écran
- Marquee rétro-éclairé LED : affiche le nom de la borne au-dessus de l’écran
La création du gabarit de stickers se fait majoritairement sur Photoshop, considéré comme la référence pour découper proprement chaque zone : panel, flancs, fronton. Une fois le fichier prêt, deux options s’offrent à vous : un imprimeur local ou un site web spécialisé dans l’impression grand format. Le laminage reste fortement conseillé, car il protège le visuel des frottements répétés des mains et des manettes.
Pour le T-molding, qui assure la finition du chant des panneaux, la surface doit être parfaitement propre et lisse. Déroulez-le avant la pose afin qu’il retrouve sa souplesse, sinon il risque de se décoller par endroits. Le bezel, cette zone décorative autour de l’écran, se choisit en verre ou en plexiglass selon le rendu recherché et le budget.
Le marquee, quant à lui, désigne la partie supérieure de la borne où figure son nom. Il peut être en verre, en plexiglass ou en bois, et se rétro-éclaire généralement avec une bande LED ou un néon pour l’ambiance rétro. Un marquee bien pensé complète immédiatement l’allure générale de la machine.
Écran et affichage : quel modèle choisir
Le choix de l’écran conditionne le confort de jeu et le rendu visuel de votre borne. Pour un format bartop classique, un moniteur LCD de 19 à 24 pouces au format 4:3 ou 16:9 suffit largement, tandis qu’un modèle Vewlix privilégie un écran plus large et haute définition, pensé pour une position assise. Prévoyez toujours un espace de dégagement autour de la dalle pour loger le bezel.
Le bezel est cette zone d’informations et de graphiques décoratifs qui entoure l’écran : il masque les bords de la dalle et habille la façade. On le fabrique en verre ou en plexiglass découpé sur mesure, le plexiglass restant plus économique et facile à percer pour les fixations. Un bezel bien ajusté évite les fuites de lumière et donne un rendu net, proche d’une vraie borne d’arcade.
Pour l’éclairage, une bande LED reste la solution la plus simple à installer derrière le marquee et autour du panel. Vérifiez surtout la réactivité de la dalle avant l’achat : un temps de réponse trop élevé nuit aux jeux de combat et de tir rapides.
